058 5 32 18 32 contact@ygaltech.com
Sélectionner une page

La blockchain gagne du terrain dans l’industrie de la supply chain. La blockchain permet non seulement de vérifier la provenance des marchandises, mais, grâce à elle, les fournisseurs de viandes et autres produits peuvent aussi vérifier l’origine de leurs produits et s’assurer qu’ils respectent les contraintes réglementaires

L’app de suivi mobile « Bean to cup » développée conjointement par Starbucks et Microsoft permettra aux clients de savoir où a été cultivé le café qu’ils sont en train de boire et de connaitre le trajet qu’il a suivi avant d’arriver dans leur tasse. (Crédit : Starbucks)

D’après une nouvelle étude réalisée par le cabinet britannique Juniper Research, l’usage combiné des technologies de traçabilité de la blockchain et de l’IoT pour suivre les aliments depuis le lieu de production jusqu’au lieu de vente va « révolutionner » l’industrie alimentaire. Selon ce rapport, la combinaison des deux technologies va réduire les coûts des distributeurs en rationalisant la chaîne logistique et simplifier la conformité réglementaire. Le couplage d’un grand registre distribué à des capteurs et à des trackers IoT est également essentiel pour améliorer l’efficacité du processus de rappel des produits.

On parle de fraude alimentaire quand des aliments et des ingrédients sont mal étiquetés, dilués ou substitués. « Par exemple, une huile d’olive extra-vierge est étiquetée comme provenant de Grèce, alors qu’en fait, elle vient d’ailleurs », a expliqué Morgane Kimmich, analyste chez Juniper. « La blockchain est une plate-forme transparente et immuable et elle offre une visibilité totale sur la chaîne d’approvisionnement. Elle donne donc plus de contrôle à tous les acteurs, depuis les producteurs jusqu’aux détaillants. C’est l’un de ses plus gros intérêts ».

Vers des coûts de mise en conformité réduits de 30 %

D’ici 2024, l’adoption croissante de la blockchain et de l’IoT et le suivi immuable des aliments tout au long de la chaîne d’approvisionnement permettra de réaliser en fraude alimentaire près de 131 milliards de dollars d’économies au niveau mondial. Dès 2021, il sera possible de réaliser de substantielles économies en matière de fraude alimentaire et d’ici 2024, les coûts de mise en conformité seront réduits de 30 %. Pour l’instant, les systèmes de traçabilité des aliments reposent en grande partie sur des transactions papier, c’est-à-dire que le suivi des biens tout au long de la chaîne d’approvisionnement est réalisé manuellement. « Dans ce système inefficace, la perte de dossiers est monnaie courante et la vérification des données, difficile », a ajouté Morgane Kimmich. De plus, les dossiers papier ne peuvent pas être partagés par tous les utilisateurs de la chaîne d’approvisionnement, ce qui réduit la visibilité globale sur le processus.

« De plus, les entreprises doivent souvent faire appel à des intermédiaires pour accomplir ces tâches. Tout cela ajoute un niveau de complexité à la chaîne d’approvisionnement et accroît par la même l’inefficacité, la fraude et le gaspillage », a encore déclaré Morgane Kimmich. Il est possible de créer des chaînes de blocs privées ou « autorisées » entre les quatre murs d’une entreprise ou entre des partenaires de confiance et de les administrer de manière centralisée tout en conservant le contrôle sur les personnes ayant accès à l’information sur le réseau. Des partenaires commerciaux, comme un fournisseur de cloud, un fournisseur de services financiers et leurs clients peuvent également utiliser une chaîne de blocs. Les appareils IoT livrés avec les marchandises relient les mondes physique et numérique, essentiellement par l’intermédiaire de capteurs de localisation et de capteurs de surveillance de la température et de l’humidité. Quant à la chaîne de blocs, elle fournit un système immuable de stockage des données et rend ces données accessibles à tous. Selon le rapport de Juniper Research, il est également possible de cloisonner les utilisateurs du grand registre distribué pour éviter d’exposer les données sensibles de l’entreprise à la concurrence.

Blockchain et IoT

Bison Transport était partenaire du projet pilote de réseau de fret et de paiement basé sur une chaîne de blocs et sur l’IoT initié par Walmart Canada. Selon Rod Hendrickson, vice-président des finances de Bison Transport, au final, « la solution est bénéfique pour les deux acteurs ». (Crédit : Wallmart)

20 % des grandes chaines de supermarchés utilisatrices de blockchain d’après Gartner d’ici 2025

Les capacités inhérentes de la technologie blockchain, mises en valeur par les multiples pilotes et preuves de concept menés dans cette industrie, n’ont pas échappé aux entreprises du secteur. Selon Gartner, d’ici 2025, 20 % des 10 premières chaînes de supermarché mondiales utiliseront une blockchain. « La blockchain peut donner confiance aux clients des supermarchés et contribuer à leur fidélisation », a déclaré dans un communiqué Joanne Joliet, directrice de la recherche senior de Gartner. « Les acteurs du secteur alimentaire testent la technologie de la chaîne de blocs en vue de son adoption afin d’apporter plus de transparence à leurs produits. Pouvoir localiser rapidement la source du produit est aussi utile en interne, en particulier pour identifier les produits défectueux qu’il faut rappeler ».

Toujours selon les recherches de Juniper Research, l’IoT et la blockchain apporteront une valeur ajoutée significative aux acteurs de la supply chain, aussi bien aux agriculteurs, qu’aux détaillants et aux consommateurs. Grâce aux contrats intelligents automatisés, la chaîne de blocs et l’IoT permettent d’économiser de l’argent, de réduire les risques et d’assurer la transparence des chaînes d’approvisionnement. Juniper Research recommande aux détaillants de la chaîne de blocs de nouer des partenariats IoT pour attirer les parties prenantes sur l’ensemble du marché de la production alimentaire. Dans certains cas, c’est déjà ce qui se passe.

IBM et Oracle en embuscade

Comme l’a rappelé Morgane Kimmich, cela fait deux ans que l’industrie de la supply chain a commencé à adopter la blockchain. En 2017, IBM a lancé Food Trust, un réseau de chaînes de blocs basé sur le protocole Hyperledger. Depuis, le fournisseur a attiré un grand nombre de groupes alimentaires de premier plan qui pilotent le réseau à travers un consortium. Ce groupe comprend les industriels Dole, Driscoll’s, Golden State Foods, Kroger, McCormick and Company, McLane Company, Nestlé, Tyson Foods et Unilever. En octobre, IBM a annoncé la mise en place d’un service de supply chain basé sur une chaîne de blocs intégrant de l’IA et de l’IoT. Ce service vient s’ajouter à l’offre blockchain existante d’IBM.

L’an dernier, Walmart a achevé deux projets pilotes avec des fournisseurs de mangues et de porc. Après une validation de principe, le réseau de suivi des aliments basé sur la blockchain est désormais en production. Walmart avait proposé aux fournisseurs de fruits et légumes de rejoindre sa chaîne de blocs d’ici le mois de septembre de cette année. Les produits de la chaîne d’approvisionnement basée sur la blockchain, également alimentés par la Food Trust Solution d’IBM, vont de la volaille et des baies au yogourt et à la laitue. Walmart Canada vient aussi de lancer le plus grand réseau mondial de fret et de paiement basé sur la blockchain. « Avec ses 188 entreprises adhérentes, la solution Food Trust d’IBM est actuellement leader du marché du suivi des aliments basé sur la blockchain, et d’autres acteurs ont adopté leurs solutions cette année », a encore déclaré Morgane Kimmich. « Oracle prévoit de renforcer ses solutions existantes de suivi des actifs en ajoutant la surveillance de la température tout au long de la supply chain et le suivi des garanties et de l’usage », a ajouté Mme Kimmich. Enfin, SAP supporte actuellement 565 produits différents et vise 70 % du marché américain.

Starbucks associé à Microsoft pour tracer les grains de café

Entre-temps, Starbucks s’est associé à Microsoft pour mettre en place une chaîne d’approvisionnement basée sur la blockchain pour suivre les grains de café depuis le lieu de production jusqu’au lieu de consommation. Les deux partenaires ont créé une application mobile qui permet aux clients de suivre le cheminement des grains tout au long de la supply chain et de savoir d’où vient le café qu’ils boivent. Environ 10 % des producteurs de café du Honduras, soit environ 12 000 producteurs, testent actuellement GrainChain, un service de supply chain basé à McAllen, au Texas. Le système devrait être pleinement opérationnel au mois d’avril 2020. « Quand les caféiculteurs n’ont pas accès à des systèmes financiers officiels et à des contrats d’achat formels, ils sont clairement déssavantagés », a déclaré M. Macias. « L’un des principaux objectifs de l’industrie est de trouver des solutions non seulement pour favoriser leur intégration financière, mais aussi pour améliorer leur capacité à accéder à des marchés ».

Share This