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Une étude s’est intéressé sur le rôle joué par l’argent dans le succès des frameworks JavaScript les plus populaires. Au-delà, la délicate question du rapport argent et développement des projets open source reste posée.

Outre l’éternelle question de la gratuité de l’open source, se pose aussi l’interrogation le financement des projets open source. (Crédit Photo : Matthew Henry/Burst)

Le rapport 2019 sur l’état de JavaScript estime que, en apparence, l’argent ne peut pas tout acheter et qu’il n’est pas le seul moteur du succès des frameworks Javascript. Ou, du moins, les principaux frameworks de programmation front-end et back-end ne sont pas tous sponsorisés par une grande entreprise. Bien sûr, il faut remercier Google pour Angular, et Facebook pour React. Mais qu’en est-il de Vue.js, de Gatsby, ou de Next.js ?

Même si ces projets open source (et d’autres) semblent suggérer que pour assurer son avenir, l’open source n’a pas besoin de la manne des grosses entreprises, la réalité est un peu plus nuancée. Par contre, pour les développeurs qui essayent de faire leur chemin dans l’open source, cette réalité n’est plus du tout nuancée. Alors que le créateur de Vue.js, Evan You, gagne 16 000 dollars par mois grâce aux contributions de Patreon, des milliers de développeurs se battent pour grapiller quelques malheureux dollars pour l’important travail qu’ils fournissent sur l’open source. Pour ces développeurs, et pour l’open source en général, il semble que la seule solution pour eux soit de « trouver un job », comme l’a déclaré Chris Aniszczyk, le directeur de la Linux Foundation.

L’argent, fuel de l’open source ?

Dans le monde actuel de l’open source, il semble que rien ne peut avancer sans argent. Kubernetes est développé par de grandes entreprises. Idem pour Linux, MySQL, MongoDB, etc. Alors que certaines des technologies open source les plus populaires sont pilotées par des vendeurs uniques qui investissent de grosses sommes d’argent dans la construction du projet, beaucoup d’autres n’avancent que grâce à l’implication de groupes d’entreprises partenaires. Cependant, l’univers des frameworks JavaScript semble aller à l’encontre de cette tendance.

Les tableaux ci-dessous, inclus dans le rapport 2019 sur l’état de Javascript, montrent la popularité relative des frameworks Javascript front-end et back-end.

Popularité des frameworks Javascript front-end. (Crédit : 2019 State of Javascript)

Popularité des frameworks Javascript back-end. (Crédit : 2019 State of Javascript)

Certes, certains projets bénéficient d’un soutien important de la part des entreprises, mais il y a aussi un plusieurs contre-exemples de projets dont l’adoption est importante, mais le financement « réduit ». Certains de ces projets, comme Gatsby, ont commencé à attirer des capital-risqueurs, mais d’autres, comme Vue.js, sont restés fidèles à un modèle de contribution. Le problème avec ce modèle, même quand il a l’air de fonctionner, c’est que les utilisateurs d’entreprise peuvent manifester trop d’attente de la part des développeurs qui dirigent le projet.

Argent et succès, une réalité incontournable ?

À la question : « Êtes-vous préoccupés par le niveau d’implication des principaux acteurs technologiques dans l’open source ? », posée par la récente enquête réalisée par DigitalOcean, les développeurs ont répondu « non » à 34,2 % pour les raisons suivantes :

– Ils alimentent la communauté open source

– Ils ont de bonnes motivations et livrent le code

– Ils contribuent à hauteur des montants qu’ils promettent

Quant aux 40,5 % de développeurs interrogés ayant répondu « oui » à la question, ils ont motivé leur réponse par les raisons suivantes :

– Leurs intentions sont intéressées.

– L’usage de licences restrictives leur permet d’obtenir un avantage concurrentiel déloyal.

– Il est difficile de leur faire confiance, car ce sont des entreprises.

Si l’on exclut la seconde raison, non recevable car, quasi sans fondement dans les faits (en général, ce sont les petites entreprises qui ont recours à des licences restrictives, pas les grandes), les première et troisième raisons traduisent essentiellement des problèmes de confiance. En d’autres termes, est-ce que les intérêts de l’entreprise impliquée s’alignent avec les miens ? Ce qui nous ramène à la question du financement de l’open source.

Quelles solutions ?

Comme le montre l’étude DigitalOcean, il y a un sérieux décalage entre les attentes des développeurs, en particulier des jeunes développeurs, et la maintenance open source :

(Crédit : Digitalocean)

On voit bien le problème qui peut se poser entre l’implication de l’entreprise et les demandes trop corporatives sur la maintenance open source. À de rares exceptions près, il sera difficile d’assurer un rythme régulier de mises à jour et de corrections de bogues pour un projet, à moins que quelqu’un ne soit payé pour ce travail. Il en a toujours été ainsi. Depuis l’époque de GNOME ou du serveur web HTTP, les projets open source qui évoluent le plus rapidement ont presque toujours été développés par des personnes payées pour leurs contributions, et non par des volontaires. Parce que, après tout, tout travail mérite salaire, et qu’il faut payer son loyer à la fin du mois.

Des hiérarchies en porte à faux

Parce que cette hiérarchie des besoins de Maslow – assurer sa subsistance – est en porte à faux avec la hiérarchie des demandes des utilisateurs de logiciels libres – attente de traitement rapide d’une demande de code – les logiciels libres utiles cherchent le soutien des entreprises. Evan You et Vue.js sont une exception, mais pas la règle. Et même dans ce cas, Vue.js a reçu le soutien de Laravel dès le début, sans parler du soutien financier continu d’autres entreprises, en partie inspirées par des adopteurs de premier plan comme Alibaba, Baidu, Tencent et d’autres. Oui, écrire de bons logiciels coûte de l’argent. Même s’ils sont open source.

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