Dell World 2026 : L’AI Factory se décline en local pour les agents

A l’occasion de sa conférence annuelle, Dell Technologies adapte son architecture de référence AI Factory aux agents IA. Pour un usage en local, il mobilise ses stations de travail et la pile logicielle de Nvidia. Il étoffe par ailleurs sa plateforme de données avec un stockage plus dense et des partenariats enrichis.

Près de 8 000 personnes se sont données rendez-vous à Las Vegas du 18 au 21 mai 2026 pour l’évènement annuel de Dell Technologies avec pour mot d’ordre l’IA agentique. Michael Dell dans son discours d’ouverture a indiqué que « l’IA n’est plus un simple mot à la mode, elle devient la colonne vertébrale du fonctionnement des entreprises ». Au cœur de la stratégie du fournisseur, on retrouve le AI Factory dévoilés en 2024 et renforcés en 2025 en partenariat avec Nvidia. Le texan revendique aujourd’hui plus de 5 000 clients de cette offre combinant infrastructures, écosystème et services pour aider les entreprises à développer leurs politiques IA. Le dirigeant précise que « depuis le mois de février, 1 000 nouveaux clients l’ont adoptée » comme Samsung,

Depuis le début de l’année, « le phénomène OpenClaw a permis aux entreprises de voir le potentiel des agents IA », rapporte Jon Siegal, vice-président de la division client solution group (CSG) chez Dell lors d’une conférence de presse. Il fait référence à l’agent IA open source qui exécute plusieurs tâches en local sur un PC. Pour le responsable, certaines entreprises ont testé OpenClaw dans le cloud, mais le coût et la consommation des tokens ont explosé. « Un développeur chez Dell a consommé un milliard de token pour une facture cloud de 3 400 $ HT », glisse-t-il. D’autres parts, les sociétés ont besoin d’être rassurées sur la sécurité, la mise en place de garde-fous, la confidentialité des données.

NemoClaw s’invite sur les stations de travail de Dell

Pour répondre à ces différentes problématiques, Dell dévoile Agentic AI, une solution qui permet aux entreprises de créer et d’exécuter des agents d’IA autonomes localement, sur des stations de travail de équipées de puces Nvidia. Elle s’appuie sur la pile logicielle de Nvidia avec les annonces faites à la dernière GTC autour de l’agentique à savoir NemoClaw et OpenShell. Le premier a été développé en collaboration avec le créateur d’OpenClaw, Peter Steinberg en s’appuyant sur Agent Toolkit qui fait partie de l’écosystème Nemo plus large dédié à la création d’agents IA. La partie sécurité est assurée par OpenShell un runtime qui intègre plusieurs couches de sécurité en particulier un environnement sandbox au niveau du noyau et un routeur de confidentialité qui surveille le comportement de l’agent et ses communications avec d’autres systèmes. « Les clients peuvent accélérer leur processus de développement tout en réduisant simultanément les risques au moment de la mise en production de leurs agents », souligne Jon Siegal.

Dell présente plusieurs stations de travail intégrant NemoClaw et OpenShell dont les Pro Precision. (Crédit JC)

Côté matériel, Dell propose trois configurations de stations de travail parées pour l’IA agentique en fonction des charges de travail IA. Pour les prototypes d’agents et les développeurs, le fournisseur livre le Pro Max avec la puce Grace Blackwell GB10 de Nvidia qui associe un CPU Arm 20 cœurs et un GPU Blackwell, épaulé par 128 Go de mémoire LPDDR5x unifiée et jusqu’à 4 To de stockage NVMe. Dévoilé en novembre dernier lors du SuperComputing à Saint Louis, ce mini PC est capable de gérer des modèles jusqu’à 30 milliards de paramètres. La seconde configuration est la Pro Precision 9 au format tour comprenant des puces Intel Xeon 600 et des GPU RTX Pro 6000 Blackwell. Elle s’adresse aux modèles plus denses entre 30 et 500 milliards de paramètres. Enfin, la Pro Max avec GB300 de Nvidia (CPU avec 72 cœurs Armv9 Neoverse V2 et GPU avec deux dies Blackwell reliés par une interconnexion NV-HBI avec 640 coeurs tensor) lancé en mars dernier. La station de travail est livrée avec 496 Go de RAM LPDDR5X au format SOCAMM2 pour la partie CPU et 252 Go de mémoire HBM3e pour le GPU. Un ensemble musclé pour gérer des LLM de 500 à 1000 milliards de paramètres. L’ensemble des configurations fonctionnent avec le DGX OS de Nvidia, une distribution Linux basé sur Ubuntu 24.04 LTS.

AI Data Platform se densifie

Si Dell et Nvidia mènent l’offensive sur l’IA agentique au niveau local, les deux sociétés n’oublient pas la volonté des entreprises de disposer de leurs propres infrastructures pour gérer les workload IA avec un focus sur les données. « Il y a beaucoup de désordre au sein des sociétés dans les données structurées ou non, dispersées au sein de silos et non gouvernées », observe Varun Chabra, senior vice-président de l’activité infrastructure solution group (ISG) chez Dell. Il ajoute, « cette situation ralentit les initiatives IA, car elle rend ardue le passage d’un projet pilote à une véritable IA agentique en production ». La réponse du fournisseur à ces freins se nomme AI Data Platform comprenant plusieurs couches.

Dell va progressivement supporter les SSD NVMe LC9 de Kioxia dotés d’une capacité de 245 To. (Crédit JC)

Sur la partie stockage, la plateforme intègre trois éléments : PowerScale pour les fichiers, Lightning le système de fichiers parallèle maison et ObjectScale pour le stockage objet. Sur ce dernier, le constructeur dévoile ObjectScale X7700, qui remplace l’ECS EX5000 avec 45% de capacités de disque dur en plus (pouvant aller jusqu’à 3 Po). Pour Varun Chabra, « ce stockage ultra-dense cible les lacs de données dédiés à l’IA, ainsi que les archives ». Dell prévoit de supporter prochainement les SSD NVMe Kioxia de la série LC9 au format E3.L d’une capacité unitaire de 245,76 To. Un premier pas vient d’être fait au sein du serveur PowerEdge R7725xd, équipé de processeurs AMD Epyc et 40 SSD Kioxia donnant une capacité totale de 9,8 pétaoctets de stockage flash dans un châssis 2U. Sur la partie, gestion et orchestration des données, la plateforme s’ouvre au monde des jumeaux numériques industriels et à l’IA physique à travers l’environnement Omniverse de Nvidia. De même, il a amélioré l’analyse, le streaming et la recherche de données via un partenariat avec Starbust. Enfin, l’écosystème de partenaires s’est enrichi avec l’intégration de l’agent de codage IA Codex d’OpenAI sur l’AI Data Platform pour avoir plus de contexte métier. Le nombre de modèles supportés est aussi élargi : Gemma 4, Nemotron Super 3 et Mistral Small 4.

chevron_left
chevron_right