Cobol-IT apporte son modèle open source à Micro Focus

La solution de modernisation d’applications mainframes de l’éditeur français Cobol-IT constitue désormais la 4ème offre Cobol du catalogue Micro Focus après son rachat en décembre par le groupe britannique. L’équipe française, maintenue, apporte son modèle open source, sa méthodologie et son écosystème de partenaires.

Désormais dans le giron de Micro Focus, Cobol-IT a bâti son compilateur Cobol avec un modèle « un peu devops », nous a expliqué son fondateur Stéphane Croce.

Mi-décembre 2017, l’éditeur français Cobol-IT, spécialisé dans la modernisation des applications mainframe avec une technologie open source et des pratiques devops, a été racheté par son principal concurrent, l’éditeur britannique Micro Focus pour un montant non communiqué. Micro Focus possède déjà trois offres dans cette catégorie, son produit historique Visual Cobol, ainsi que RM/Cobol (Ryan McFarland Cobol) et Acucobol, deux solutions acquises avec les rachats de Liant et Acucorp il y a environ 10 ans. Celle de Cobol-IT fournit une 4ème proposition, l’éditeur français apportant ses outils, sa méthodologie propre et sa facturation par développeur sur la base d’une souscription.

Le coût des technologies de Micro Focus, souvent jugé élevé, a attiré vers l’éditeur français de nombreux projets de migration d’applications mainframes au cours des dernières années, ce qui a représenté une partie non négligeable du chiffre d’affaires (non communiqué) de Cobol-IT. Mais le groupe britannique qu’il vient de rejoindre s’est considérablement diversifié depuis 7 à 10 ans et la concurrence n’est plus aussi frontale. Le catalogue de Micro Focus n’a plus du tout la même typologie qu’il y a 10 ans, souligne Stéphane Croce, fondateur de Cobol-IT. « Il n’est plus Cobol-centric, cela ne représente plus qu’une petite partie de l’activité du groupe », insiste le dirigeant français.

Cobol-IT, une marque au sein de l’univers Micro Focus

La forte croissance externe de Micro Focus lui a d’abord apporté les outils de connectivité de l’éditeur Attachmate, qui détenait aussi la distribution Linux Suse, puis les logiciels d’ALM de Serena, avant d’englober un beaucoup plus gros morceau avec la branche logiciels de Hewlett Packard Entreprise dont ce dernier s’est délesté en 2016. L’ampleur pris par le groupe britannique l’a transformé drastiquement. « Il y a une vision beaucoup plus élargie et plus globale pour satisfaire le client. Le Cobol reste important, néanmoins, ils ont décelé chez Cobol-IT un certain nombre de méthodes et de synergies ». L’aspect open source, en particulier, les intéresse. « Ils n’en ont pas beaucoup hormis Suze », rappelle Stéphane Croce. « Ce modèle basé sur la souscription est très demandé et ils n’étaient pas forcément préparés à ce type de demande ».

Qu’est-ce qui va changer pour les clients de Cobol-IT avec ce rachat ? « Rien, pour l’instant », assure le fondateur de la société. « Cobol-IT continue, c’est une marque au sein de l’univers Micro Focus ». Il n’y a pour le moment pas d’interactions entre les équipes, sauf en France, mais si un rapprochement est prévu, ce sera au niveau mondial, estime Stéphane Croce. « L’équipe de Cobol-IT, c’est déjà un modèle hybride », rappelle le dirigeant en expliquant « C’est une société française qui a une partie de service technique basée à Bruxelles, des développeurs en Russie et des personnes aux Etats-Unis, dont un responsable produit et un développeur ». Cobol-IT compte une équipe de 15 personnes à temps plein, mais en fonction des besoins en développement, un « 2ème cercle » permet de doubler les équipes. « Nous avons également un réseau de distributeurs de nos technologies en Israël, en Italie, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Brésil et en Chine, capables de mettre en œuvre des projets de migration avec des centres technologiques agréés par Cobol-IT. Au total, la communauté Cobol-IT représente 150 personnes », indique Stéphane Croce.

Adopter le web, les containers et le cloud

Certaines entreprises voient parfois les applications mainframe comme un boulet à traîner. « C’est le contraire qu’il faut penser », pointe Stéphane Croce en expliquant que tout réécrire ou remplacer par un ERP peut s’avérer extrêmement compliqué et que les entreprises peuvent ainsi se mettre en danger. « Préserver les applications, les dépoussiérer un peu, adopter le web, les containers, le cloud et la dimension devops, voilà ce que l’on peut faire », pointe-t-il. « Notre mission est de remplacer les applications Cobol existantes » quand les autres solutions sont utilisées pour « fabriquer from scratch » des applications. Cobol-IT a bâti un écosystème sur de grosses opérations de migration de mainframes vers les systèmes ouverts. « Nous avons développé beaucoup de partenariats avec IBM et Oracle sur de gros projets de migration aux Etats-Unis et ailleurs », nous a rappelé Stéphane Croce.

L’éditeur français compte plusieurs centaines de clients. « Nous avons pas mal d’ISV dans le monde qui, eux-mêmes, ont leurs propres clients comme Verifone aux Etats-Unis ou Axway en France », explique le dirigeant en précisant que 30% de ces clients se trouvent en France, tandis que 70% se répartissent entre Italie, Allemagne, Espagne, Angleterre, Israel, Chine et Etats-Unis principalement. « Nous travaillons comme avant. Nos partenaires nous amènent des clients et vice-versa, en France, c’est Metaware ». Lors d’une acquisition, la crainte des utilisateurs, c’est que les produits soient rachetés pour être enterrés. Pour Cobol-IT, « ce n’est pas le cas », conclut Stéphane Croce. Parmi les utilisateurs français figurent des organisations comme la CNAF, Banque de France, le CHU de Reims, et des groupes comme Carrefour France, Enim, PagesJaunes, PSA ou HSBC. Au nombre des derniers projets gagnés figurent Darty et, tout récemment, La Redoute. A l’international, Bell Canada, Western Union, AT&T, des administrations américaines, les villes de Houston, Alexandrie ont retenu les outils de l’éditeur.

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