Les mainframes en panne de KPI

Les grandes entreprises font toujours confiance au mainframe mais peinent à y associer des indicateurs clés de performance selon une étude menée par Forrester et Compuware. Les compétences pour gérer les grands systèmes manquent aussi à l’appel.

Les DSI n’arrivent pas à compenser les départs naturels dans leurs équipes mainframes. (crédit : IBM)

Les paradoxes ne manquent pas dans le monde des mainframes. La transformation numérique ne les rend pas obsolètes, au contraire leur importance augmente pour le traitement des applications stratégiques des grandes entreprises. Mais, malgré cette résistance, les entreprises négligent de leur associer des indicateurs de performance efficaces. Et comme les compétences sur les mainframes diminuent, par les départs à la retraite, elles ne savent pas comment les remplacer. Des éléments issus d’une étude menée par Forrester aux Etats-Unis et en Europe pour Compuware. Elle montre même que le mainframe est plus présent en France que dans les autres pays étudiés.

Les principaux chiffres soulignent le poids des mainframes et même leur progression. Les entreprises françaises sont 62% à placer plus de la moitié de leurs applications stratégiques sur mainframe (c’est 57% pour le monde entier). Plus étonnant encore, ce chiffre devrait passer à 71 % en 2019 en France, contre 64% pour les autres pays interrogés. Peut-on parler de dépendance ?  L’étude montre que 86 % des applications orientées clients sont, en France, en grande partie traitées dans un environnement mainframe. C’est 72% pour l’ensemble des pays interrogés.

Des KPI reconnus mais peu utilisés

Le potentiel est clairement identifié. Les failles également. La plupart des entreprises utilisatrices de mainframes n’ont pas d’indicateurs de performances sérieux pour leurs mainframes. Paradoxalement, elles reconnaissent l’importance des KPI (indicateurs clés de performance) en matière de qualité, de rapidité, d’efficacité, mais elles les utilisent peu. Deuxième péché capital, elles ne savent pas remplacer les compétences qui leur font défaut, du fait des départs naturels. Selon l’étude, elles n’ont remplacé que 41% des salariés travaillant sur des grands systèmes ces cinq  dernières années. En moyenne, les entreprises interrogées ont perdu la bagatelle de 23% de leurs compétences mainframes ces cinq dernières années, moins en France qui n’accuse qu’un petit 17% de baisse.

Les DSI doivent sans doute changer d’optique sur les mainframes. Avant, les équipes dédiées à ces plates-formes, étaient nombreuses et dotées d’une culture solide qui se transmettait. Ce n’est plus le cas, alors que les mainframes gardent ou renforcent leur importance et demandent des améliorations en continu.  « Les DSI ne peuvent pas se permettre de traiter leurs applications mainframe comme des environnements statiques soumis à de longs cycles de distribution, de même, il leur est impératif de prendre en compte la dépendance des entreprises soumises à la raréfaction de profils qualifiés », note Forrester dans son étude.

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