Syntec Numérique table sur une croissance record de 3,6% dans l’IT en 2018

Le syndicat des entreprises IT Syntec Numérique dressait aujourd’hui son bilan 2017 et donnait ses prévisions pour l’année à venir sur le secteur logiciels et services. Des chiffres encourageants, avec une croissance annoncée de 3,6 % en 2018. Mais le syndicat pointe un gros besoin de formation continue dans le secteur et la date butoir du 25 mai 2018 où le RGPD sera mis en application.

Godefroy de Bentzmann (au 1er plan), président de Syntec Numérique, et Laurent Baudart, délégué général du syndicat professionnel, ce matin à Paris. (crédit : LMI/NC)

Contrairement à ce qui avait été annoncé en mars dernier, le secteur IT n’a pas connu une croissance de 3%… mais de 3,4% en 2017. Syntec Numérique présentait donc un meilleur bilan que prévu aujourd’hui lors de sa conférence semestrielle. 53,9 milliards d’euros de chiffres d’affaires ont été générés cette année d’après les premiers chiffres du syndicat professionnel. Dans le détail par métiers, les entreprises de conseil et services ont connu une croissance de 2,9% en 2017, suivies des sociétés de conseil en technologies, dont la croissance a augmenté de 4,2%. Ces dernières ont connu une très forte progression depuis mars dernier où Syntec annonçait 2,7% de croissance fin 2017. Les éditeurs de logiciels sont ceux qui ont vu leur chiffre d’affaires grimper le plus en 2017 (+4,4%).

Ces chiffres, en continuité par rapport aux années passées selon Godefroy de Bentzmann, président de Syntec Numérique, ont été portés par les projets de transformation numérique. « Deux leviers soutiennent cette transformation numérique : la modernisation de l’informatique et la conformité réglementaire qui est en train de monter en puissance » d’après le président du syndicat. La transformation numérique dans les Smacs (Social, mobilité, analytics, cloud, sécurité) a en effet progressé de 16,2% en 2017, soit 1,3 milliard d’euros de croissance nette (20,4% du marché). En 2018, Syntec Numérique prévoit une croissance des Smacs de 15%. Concernant les éditeurs de logiciels, c’est le SaaS qui continue de porter leur croissance en représentant 18,5% du marché, soit 2,2 milliards d’euros.

Le RGPD devrait générer 960 millions d’euros de dépenses en 2018

Alors qu’en 2017, la mise en conformité du Règlement général sur la protection des données (RGPD) ne représentait que 671 millions du chiffre d’affaires, les dépenses en logiciel et services RGPD vont bondir à 958 millions d’euros en 2018. Et continueront de flirter avec le milliard en 2019 et 2020, selon les estimations d’IDC France. D’après les chiffres d’IDC France, 42% des entreprises interrogées prennent tout juste conscience du RGPD. « C’est un chiffre qui me surprend » avoue Godefroy de Bentzmann, « je pensais qu’il y en avait beaucoup plus que 42% (…) parce qu’à mon avis on est plus près des 70%. »

Concernant les perspectives pour 2018, IDC et Syntec Numérique sont très optimistes et prévoient une croissance jamais atteinte depuis 2011 à 3,6%. Les éditeurs de logiciels devraient connaître une nouvelle fois la progression la plus importante du marché IT.

Les prévisions d’IDC et Syntec Numérique sont de bon augure pour 2018, malgré des besoins en formation initiale et continue (source : Syntec Numérique).

« 70 % des métiers de demain n’existent pas aujourd’hui »

Les perspectives d’emploi sont importantes dans le secteur d’après le syndicat des acteurs du numérique. En 2016, 19 000 emplois nets ont été créés et la tendance est identique pour 2017 et les années suivantes. Cependant, Gilles Mezari, co-Président du Collège Editeurs de logiciels de Syntec Numérique note qu’il y a « un souci de formation initiale et de formation continue évident et pour beaucoup d’entreprises, ces problèmes de recrutement sont un petit frein à la croissance ».

Selon différentes sources, le secteur manque de 25 à 50000 emplois car les besoins des entreprises évoluent rapidement et que l’offre de formation n’arrive pas à suivre ces évolutions, d’après Gilles Mezari. « 70 % des métiers de demain n’existent pas aujourd’hui » illustre le porte-parole de Syntec Numérique. Le syndicat souhaite donc agir auprès des organismes de formation initiale et continue pour promouvoir et aider au développement des formations aux métiers du numérique. L’objectif est aussi d’attirer les femmes dans ce secteur où elles ne représentent que 27% des professionnels.

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