7 distributions Linux surprenantes

En dehors des distributions Linux les plus connues, comme Ubuntu, Red Hat ou Fedora, il en existe d’autres moins renommées mais qui valent quand même le détour. Zoom sur les plus originales voire décalées.

Il n’y pas que les distributions Linux Fedora, Red Hat ou Ubuntu dans la vie : d’autres comme CAINE Linux, GNewSense ou encore comme ici Damn Small Linux méritent d’être approchées. (crédit : D.R.)

Certaines distributions Linux peu connues peuvent sembler obscures au premier abord. Elles ont souvent été créées à des fins spécifiques et peuvent, par exemple, proposer une voie détourner pour amener certains publics à s’intéresser à Linux. Elles montrent surtout l’extraordinaire puissance de personnalisation de l’OS open source qui peut être adapté pour diverses catégories d’utilisateurs.

1 – CAINE Linux

Computer Aided INvestigative Environment est une distribution italienne de Linux conçue pour les enquêtes criminelles et autres investigations judiciaires et policières. Elle inclut à cet effet une série d’outils spécifiques dont plusieurs logiciels de stéganographie (permettant de cacher des données dans une image ou une video), ainsi que la bibliothèque de programmes TheSleuthKit (TSK) qui permet d’analyser des images de disques et s’accompagne de l’interface Autopsy Forensic Browser. Pour les détectives en herbe, CAINE comprend aussi UFO, Ultimate Forensic Outflow, pour analyser en détail un ordinateur dont on a récupéré le contenu (historique du navigateur, récupération du mot de passe, analyse de malware, visualisation des logs…). En résumé, c’est la version de Linux qu’auraient utilisé Hercule Poirot et Sherlock Holmes s’ils avaient travaillé au 21e siècle…

2 – GNewSense

GNewSense Linux conviendra aux inconditionnels de l’open source que l’idée même de marques déposées et de copyrights logiciels exaspère. Cette distribution a été conçue pour supprimer tous les compléments propriétaires. Dans une certaine mesure, c’est une autre révolution dans l’histoire d’Unix : BSD 4.4 a été une réécriture de l’Unix AT&T qui s’est débarrassée de la propriété intellectuelle de l’OS. GNewSense cherche à faire la même chose avec Linux, avec un succès surprenant. Plus particulièrement, GNewSense s’est défait de tout ce qui n’est pas open source, depuis le noyau de l’OS jusqu’aux programmes individuels. Ainsi que l’indique l’équipe qui gère le système : « Recourir au logiciel libre est un choix politique et éthique affirmant vos droits à apprendre et à partager ce que vous avez appris avec d’autres ». Avec GNewSense, construit au-dessus de Debian 7, l’utilisateur ne rencontrera aucune problème de marque ni de licence.

3 – Red Star OS

Voilà une distribution qui ne s’adresse pas à tout le monde. En fait, elle est spécialement conçue pour ceux qui ont besoin d’un OS intégrant un filtrage du contenu parce qu’ils subissent une censure gouvernementale stricte. C’est l’OS officiel de la République populaire démocratique de Corée, autrement dit, la Corée du Nord. Il est basé sur Linux mais il permet au gouvernement de mettre en œuvre un système fermé disposant à la fois d’un accès réseau et de programmes. Red Star OS n’est bien sûr pas open source. Il peut mettre automatiquement un filigrane sur les fichiers médias, détruire des contenus jugés inappropriés et bloquer l’accès aux principaux segments de l’Internet mondial. Ceux qui seraient tentés par un essai doivent le faire très soigneusement. Aux tréfonds de l’OS se trouverait du code qui, selon les dires, renseignerait les systèmes centraux de la RPDC sur ce que vous faites, où vous vous trouvez, etc.

4 – Damn Small Linux

Certains systèmes d’exploitation ont eu une fâcheuse tendance à prendre leurs aises ces derniers temps. Si certains développeurs pensent qu’il suffit d’acheter un disque de plus grande capacité si l’OS dépasse les 10 Go, d’autres ont heureusement cherché à concevoir des solutions plus ramassées. C’est ce qui a inspiré les créateurs de Damn Small Linux alias DSL. C’est l’OS parfait pour les situations où l’on ne peut pas s’étaler puisqu’il loge dans 50 Mo. Il peut donc facilement être placé sur du stockage flash ou sur une solution de stockage au format carte de crédit, ce qui lui permettra de fonctionner sur d’anciens systèmes. Pour être honnête, il n’a pas non plus vocation à remplacer une installation Red Hat. Mais il peut parfaitement faire office de serveur SSH ou équivalent. De façon surprenante, même avec cette faible empreinte, l’équipe de développement a réussi à faire entrer dans l’OS des outils d’administration offrant une interface graphique.

5 – Yellow Dog Linux

Pour ceux qui se sont échinés à assembler un cluster de consoles Sony Playstation 4 pour créer leur propre système grid, Yellow Dog Linux est peut-être la solution. Bâtie au-dessus de Red Hat Linux/CentOS, cette distribution remonte à l’époque où Apple permettait à des tiers de concevoir des Mac sur des puces PowerPC. Cela n’a pas duré longtemps et les CPU PowerPC ont été supplantés par des puces plus rapides. Mais Yellow Dog a évolué et reste une distribution intéressante pour les assemblages complexes, celle que l’on recherche pour des systèmes multicoeurs haute performance. De surcroît, sa dernière version supporte le SDK Cell d’IBM pour l’accélération multicoeurs, Barcelona Superscalar et l’environnement de bureau E17 (Enlightenment). L’ensemble offre une interface et la puissance pour s’attaquer à des assemblages complexes.

6 – Tails Linux

La crainte de voir s’éroder la protection de la vie privée est à la base de la distribution Tails Linux. Construite au-dessus de Debian et supportée à la fois par Mozilla et par l’équipe anonyme du navigateur Tor, elle s’adresse à tous ceux qui tiennent à protéger sérieusement leur vie privée ou leur anonymat. C’est une distribution conçue pour s’auto-exécuter depuis une carte flash ou support externe équivalent. On peut donc la lancer sur n’importe quel PC sous Windows pour accéder à Internet puis se déconnecter sans laisser de trace de son activité. Toutes les connexions sont routées à travers le réseau Tor. Des outils de chiffrement sont disponibles pour chiffrer ses fichiers, ses e-mails et ses communications instantanées. Tails est un acronyme : The Amnesiac Incognito Live System.

7 – ZeroShell

Voici une distribution Linux spécialement créée pour les systèmes embarqués comme les routeurs, firewalls, serveurs proxys, net balancers, clients OpenVPN et serveurs DNS. Elle convient parfaitement au Raspberry Pi. Zeroshell n’inclut pas d’interface graphique. Pour y accéder et la configurer, il faudra le faire à partir d’un navigateur web fonctionnant sur une autre machine. Parmi les fonctions intégrées figurent un serveur Radius pour l’authentification sécurisée, le support de la gestion QoS, un serveur proxy HTTP, host-to-LAN et LAN-to-host, multi-zone DNS et le support pour l’authentification Kerberos 5. Elle est disponible sur un support externe auto-exécutable (Live CD) et peut se lancer depuis une carte flash. Elle existe aussi sous la forme d’une image de 512 Mo à télécharger et qui se lance automatiquement.

Et aussi pour des usages plus atypiques :

8 – Ubuntu Satanic Edition

Les développeurs d’Ubuntu Satanic Edition se sont probablement beaucoup amusés en créant les icônes stylisées de la distribution et ses fonds d’écran. La dernière version de cette diabolique distribution a été baptisée avec humour 666.9. Partant apparemment du principe que ses utilisateurs sont aussi des amateurs de métal, elle inclut une série de morceaux de heavy metal versés dans le domaine public. Ce doit être assez efficace pour stresser ses collègues… Installée au-dessus d’Ubuntu Linux, cette version offrant divers fonds d’écran plus ou moins effrayants, n’est bien sûr pas destinée au PC portable du PDG (sauf s’il travaille pour Metallica), mais il s’agit d’une version tout à fait viable de l’OS idéale pour Halloween et pour les développeurs gothiques qui préfèrent travailler au sous-sol.

9 – Ubuntu Christian Edition

Si Satan n’est pas votre tasse de thé, il existe une distribution Linux qui propose des fonds d’écran d’inspiration chrétienne et inclut un système de contrôle parental. La dernière version d’Ubuntu Christian Edition (CE) est basée sur Ubuntu 12.04 et ses développeurs assurent qu’ils peuvent l’adapter à toutes les communautés.

10 – Hannah Montana Linux

Le thème de cette distribution Linux, qui s’adresse plutôt à un public américain, tourne autour des vieux shows TV de Disney et de la franchise Hannah Montana. Elle n’a pas été mise à jour depuis longtemps, mais elle existe toujours. Le développeur de HML n’est pas particulièrement un fan de Hannah Montana (qui s’affiche sur le fond d’écran). Il souhaitait seulement proposer un décor attrayant pour amener les jeunes utilisateurs vers Linux plutôt que vers Windows ou MacOS X. HML est bâtie au-dessus de Kubuntu KDE 4.2 et ce n’est rien de plus qu’un thème particulier au-dessus d’une version standard de l’OS. Mais l’idée de faire découvrir Linux aux enfants est intéressante.

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