Cheops déclare la guerre à Oracle

Avec son automate de migration d’Oracle DB vers PostgreSQL, Cheops Technology entend accompagner les entreprises désirant progressivement se passer des services de l’éditeur de Reedwood Shores.

Président de Cheops Technology, Nicolas Leroy-Fleuriot pousse les entreprises à quitter Oracle DB au profit de PostgreSQL. (Crédit S.L.)

Si Oracle semble intouchable dans sa tour d’ivoire avec d’un coté des clients verrouillés et de l’autre des audits de licence réguliers, l’éditeur doit faire face à une concurrence accrue sur le marché des bases de données avec des développeurs qui plébiscitent MongoDB, MariaDB (chez Pixid par exemple), PostgreSQL voire même Snowflake. Si la base d’Oracle est en perte de vitesse depuis de nombreuses années, selon les mesures de popularité de DB-Engines, l’éditeur de Redwood Shores contrôle encore plus de la moitié du marché mondial des bases de données, ce qui représente plusieurs dizaines de milliards de dollars en valeur. Mais dans un petit village girondin, un acteur français de l’hébergement entend proposer une alternative avec une solution de migration d’Oracle DB (toutes les versions) vers PostgreSQL. « Nous déclarons la guerre à Oracle », nous a affirmé Nicolas Leroy-Fleuriot, président de Cheops Technology, lors d’une conférence de presse à Paris.

« Le point de non-retour a été atteint pour certains clients et PostgreSQL est devenue une alternative mature avec toute la sécurité nécessaire. Il est devenu possible de quitter le monde Oracle pour une base de données open source et sécurisée », a poursuivi le dirigeant. La proposition, développée depuis 3 ans avec le concours de la société Dalibo, spécialiste de PostgreSQL, consiste à accompagner de manière automatisée les clients désirant quitter Oracle en modifiant le code base des applications métiers pour accéder à PostgreSQL. « Le problème des redevances prélevées par Oracle nous a amenés à développer une solution alternative […] Oracle est devenu l’EMC2 des années 80 ». C’est juste une réalité poursuit le président qui explique avoir coupé les ponts avec Oracle. « Nous avions pensé développer un automate pour SQLServer mais les clients étaient moins excités ».

Du Java pour remplacer psql

Certains points techniques comme l’usage du psql chez Oracle ont aujourd’hui leur équivalent chez PostgreSQL. « Nous avons dégagé psql pour traduire les requêtes dans un langage Java, ou autre si besoin, pour retrouver liberté et indépendance », nous a expliqué Pascal Bobon, directeur de la division modernisation technologique chez Cheops. Interrogé sur les performances de la base PostgreSQL avec le recours à Java, qui est un langage interprété, Pascal Bobon se veut rassurant et accompagnera les clients dans leur tuning. « Avec PostgreSQL, on ne se trompe pas. Les outils sont performants même s’il est nécessaire de fournir un support et une formation pour le back-up de PostgreSQL », ajoute le directeur technique. 

« Nous n’allons toutefois pas adresser tout le marché », complète Pascal Bobon. Le contexte du client sera démonté avec toutes les fonctions utilisées dans le cadre d’une démarche détaillée par Cheops. « Le ROI sera de deux ans pour les clients, mais c’est très court pour une entreprise », complète le président. Cheops n’a pas encore signé de contrats de migration, mais une dizaine de clients sont en tests. Interrogé sur le prix de la solution, Nicolas Leroy-Fleuriot indique que l’essai sera transformé « si c’est bien packagé et pas trop cher ». 

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