Des terminaux Blackberry spécialement chiffrés pour les cartels mexicains

Dans une plainte déposée la semaine dernière dans le sud de la Californie, le CEO de Phantom Secure qui bricole des terminaux Blackberry pour chiffrer les communications est accusé de conspiration et de complicité de trafic de stupéfiants. Les smartphones modifiés et optimisés pour la messagerie seraient en effet destinés à des organisations criminelles.

Poru sécuriser les terminaux, Phantom Secure retire certains composants comme la caméra ou le GPS. (Crédit D.R.)

Dans une enquête publiée en fin de semaine dernière, Motherboard révèle que Vincent Ramos, CEO et fondateur de Phantom Secure est l’objet d’une plainte pour conspiration rackettiste pour mener des affaires, et de complicité de trafic de stupéfiants. Le FBI, avec l’aide des autorités canadiennes et australiennes, a arrêté le CEO de cette société vraisemblablement bien connue des organisations criminelles.

En effet, à l’instar d’autres sociétés discrètes comme Encrochat, Secure Mobile ou Fortis Iceland PGP, Phantom Secure vend des smartphones traditionnels, majoritairement des Blackberry, qu’elle sécurise elle-même. Microphone, l’appareil photo, GPS, plusieurs composants jugés risqués pour l’anonymat des utilisateurs sont purement retirés des terminaux. L’entreprise installe aussi le logiciel PGP pour envoyer des messages chiffrés  et acheminerait les messages par l’intermédiaire de serveurs étrangers. Phantom peut aussi effacer à distance les dispositifs au cas où ils seraient saisis par les autorités selon la plainte. Celle-ci tend à prouver que Phantom Secure offre ses services principalement à des organisations criminelles.

Nicolas Cheviron, agent spécial du FBI, accuse Vincent Ramos et son entreprise d’avoir notamment fournit en Blackberry le cartel de drogue mexicain de Sinaloa. Une autre source a déclaré à nos confrères de Motherboard que des appareils ont été vendus par Phantom Secure à Cuba et au Venezuela ainsi qu’au gang de motards américains des Hells Angels. Selon l’agent du FBI, environ 20 000 appareils Phantom sont utilisés dans le monde, dont la moitié en Australie. Ce qui ferait gagner à l’entreprise plusieurs dizaines de millions de dollars.

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