Englué dans l’affaire Meltown/Spectre, Intel lance néanmoins sa puce quantique 49 qubits

Pour présenter son processeur quantique de 49 qubits, Intel a choisi la vitrine du salon grand public CES à Las Vegas. Mais les interrogations sur les vulnérabilités Meltdown et Spectre, dévoilées la semaine dernière, occupent toujours les esprits.

Brian Krzanich a assuré à son auditoire du CES qu’Intel s’était engagé à résoudre les vulnérabilités Meltdown et Spectre. « La sécurité est la première préoccupation d’Intel et de notre industrie ». (Crédit IDG)

Le discours-programme d’Intel prononcé lundi soir au CES de Las Vegas a été victime du contraste entre la présentation des dernières initiatives de l’entreprise – notamment l’introduction d’une puce de 49 qubits (bits quantiques) pour l’informatique quantique – et les nombreuses réactions suite à la divulgation des vulnérabilités Meltdown et Spectre. 

Bien que Meltdown et Spectre soient des problèmes à l’échelle de l’industrie affectant les designers et fabricants de puces comme ARM et Intel, les éditeurs de systèmes d’exploitation et de navigateurs Internet ainsi que les fournisseurs de services cloud, Intel est au cœur du problème avec sa position dominante sur le marché des PC et des serveurs. Le CEO d’Intel Brian Krzanich a réitéré que, à sa connaissance, l’entreprise n’avait pas vu de vols de données comme conséquence de ces vulnérabilités. 

Un groupe de travail spécial sécurité des puces

Et Intel a décidé de prendre le taureau par les cornes. The Oregonian rapporte ainsi que la firme a formé un groupe, appelé Product Assurance and Security, pour corriger les processeurs de la société. Ce groupe de travail sera dirigé par Leslie Culbertson, ancienne directrice des ressources humaines. Il comprendra également Steve Smith, vice-président d’Intel et directeur général de son groupe d’ingénierie. C’est Steve Smith qui a expliqué aux investisseurs les vulnérabilités de Meltdown et Spectre la semaine dernière. Coïncidence, Steve Smith était également le responsable du programme Pentium qui avait expliqué le bug FDIV à des journalistes il y a 24 ans. 

 

Les données continueront de guider le développement des produits Intel, a déclaré M. Krzanich. (Crédit IDG)

Brian Krzanich a passé le reste de son discours d’ouverture à réitérer certains des investissements faits par Intel dans les technologies conçues pour améliorer la retransmission des films et des événements sportifs en direct. Il n’est pas surprenant de constater que l’objectif du fondeur est d’exploiter les applications qui nécessitent le plus de données et de générer ainsi une plus grande demande pour ses puces. Les applications sportives et cinématographiques impliquent plusieurs caméras haute définition qui ne tournent pas un événement tel qu’il se produit mais le traduisent en voxels, ou en une représentation tridimensionnelle qui peut être vue sous plusieurs angles. Un match de football de la NFL enregistré de cette façon produit trois téraoctets de données par minute.

Intel, qui cherche toujours à diversifier ses activités, retransmettra par exemple trente événements des Jeux olympiques d’hiver en Corée du Sud dans un mois, en direct et à la demande en VR. Une initiative distincte, connue sous le nom d’Intel Studios, utilisait 100 caméras montées en cercle géant pour filmer simultanément une scène sous tous les angles, créant ainsi une représentation du plan à base de voxels.

Une puce quantique annoncée avant celle d’IBM

Intel a toujours des projets sur les puces pour PC. Dimanche dernier, le fondeur a publié des descriptions détaillées des puces Kaby Lake-G chips, les puces Core qui comprennent une partie graphique Radeon Vega, développée par son supposé rival AMD. Hier, Brian Krzanich a toutefois dévoilé une autre puce lors de sa keynote : un processeur 49 qubits pour l’informatique quantique, après un premier modèle de test à 17 qubits.

Intel, comme d’autres fabricants, ont exploré les possibilités de l’informatique quantique, qui rejettent les binaires traditionnels et les zéros pour les états de superposition qui peuvent représenter plusieurs valeurs supplémentaires. En utilisant ces puces quantiques, Intel et d’autres croient qu’ils peuvent résoudre des problèmes beaucoup plus complexes qu’avec les microprocesseurs traditionnels en silicium. Intel et ses concurrents (IBM, D-Wave Systems, Atos ou encore les Chinois de TaihuLight) ont investi des milliards dans l’amélioration continue de ces puces. Loihi, une puce Intel conçue pour simuler un cerveau, est l’une de ces puces mentionnées par Brian Krzanich comme exemple. IBM, l’un des principaux rivaux d’Intel, a mis au point une puce de 50 qubits qu’il compte aussi présenter au CES.

La puce quantique 49 qubits d’Intel est aujourd’hui une des plus performantes sur le marché. (Crédit IDG) 

« Cette puce de 49 qubits pousse au-delà de notre capacité à simuler et pousse vers la suprématie quantique, le point auquel les ordinateurs quantiques dépassent de loin les meilleurs supercalculateurs du monde » », a déclaré M. Krzanich. « Nous nous attendons à résoudre les principaux défis techniques qui doivent être surmontés pour faire progresser l’informatique quantique », a ajouté M. Krzanich.

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