La Grande-Bretagne choisit Gemalto pour fabriquer ses passeports

Le fournisseur de cartes à puce et de solutions de sécurité franco-hollandais Gemalto a remporté l’appel d’offres lancé par le ministère de l’Intérieur britannique pour fabriquer ses nouveaux passeports. Le contrat, d’un montant estimé de plus de 560 millions d’euros, soulève outre-manche un tollé.

Les britanniques vont retrouver la couleur bleue caractéristique de leur ancien passeport au détriment du bordeaux, couleur par défaut de tous ceux de l’UE. (crédit : D.R.).

Les passeports biométriques de Gemalto ont le vent en poupe. Déjà utilisés par une trentaine de pays dans le monde (France, Italie, Maroc, Pérou, Hong Kong, Corée…), le fournisseur franco-hollandais – qui s’est jeté dans les bras de Thales pour éviter un rachat par Atos en décembre dernier – accroche à son tableau de chasse un nouveau trophée. La société vient en effet d’être choisie par le ministère de l’Intérieur britannique pour fabriquer les passeports de ses concitoyens. Le contrat, d’un montant proche de 562 millions d’euros d’après notre confrère du Monde, a été remporté face à la société anglaise Delarue. L’offre de Gemalto est apparue mieux disante aux yeux du ministère qui a mis en avant la sécurité, la qualité et le coût comme principaux arguments ayant pesé dans la balance. Le contrat, qui doit permettre la création de 70 emplois sur les sites de production britanniques de Gemalto à Fareham et Heywood, a été conclu pour 11 ans et demi et devrait permettre d’économiser 137 millions d’euros par rapport à l’offre concurrente. 

Le fait qu’une entreprise étrangère, qui plus est de sang français, ait gagné cet appel d’offres irrite de nombreuses personnalités politiques outre-Manche. « Bill Cash, député conservateur europhobe, trouve la décision « pour le moins incongrue » tandis que Priti Patel, ancienne ministre, la trouve « scandaleuse et absurde […] « L’ironie est inouïe », commente Eloise Todd, qui dirige la campagne anti-Brexit Best for Britain. Le Parti libéral démocrate, qui réclame un nouveau référendum contre le Brexit, estime que « la saga du passeport bleu tourne à la farce », indique le Monde.

Theresa May en 1e ligne pour défendre le retour du passeport bleu

Le retour du fameux et historique passeport de couleur bleu (utilisée pour la première fois en 1921), au détriment de l’actuel de couleur bordeaux qui pare par défaut tous les modèles de la zone euro depuis la résolution du 23 juin 1981 visant à introduire un modèle de passeport commun pour les pays de l’Union Européenne, est l’une des nombreuses conséquences parmi les plus visibles pour les britanniques, imposées par le Brexit. « Le passeport britannique est une expression de notre indépendance et de notre souveraineté – symbolisant notre citoyenneté à une nation fière et grande. C’est pourquoi nous avons annoncé que l’iconique passeport bleu reviendra après notre départ de l’Union Européenne en 2019 », avait eu l’occasion de tweeter le 22 décembre 2017 la première ministre britannique, Theresa May. Les nouveaux passeports bleus seront distribués à compter d’octobre 2019. A partir de la date officielle du Brexit calée au 29 mars 2019 jusqu’en octobre 2019, la couleur Bordeaux sera conservée mais la mention « Union Européenne » sera retirée de ces documents officiels.

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