Les 5 start-ups cloud accélérées en 2018 par Oracle France

Oracle France vient d’accueillir dans son accélérateur de Colombes les 5 éditeurs de solutions SaaS sélectionnés sur la 2ème promotion de son programme Startup Cloud Accelerator. Six mois d’accès gratuit au cloud public et à l’écosystème français d’Oracle s’ouvrent pour Alcméon, AOS, Ermeo, Hyperlex et BlackSheep.

Jean-Marc Hui Bon Hoa, directeur du programme Startup Cloud Accelerator d’Oracle France, a présenté ce matin les 5 start-ups de la 2ème promotion de l’accélérateur, à Colombes. (Crédit : M.G.)

Cinq start-ups françaises du cloud viennent d’intégrer pour un semestre l’accélérateur d’Oracle France, à Colombes, au siège social de l’éditeur américain. Jean-Marc Hui Bon Hoa, directeur du programme Startup Cloud Accelerator de la filiale, les a présentées ce matin dans l’espace de co-travail où elles sont accueillies. Ermeo, AOS, Alcméon, BlackSheep et Hyperlex ont été sélectionnées parmi une centaine de dossiers. Il s’agit de la 2ème promotion d’éditeurs de logiciels SaaS qui bénéficie ainsi de l’accompagnement technique et commercial d’Oracle France (la 1ère promotion avait concerné 6 éditeurs). Leurs équipes vont pouvoir accéder gratuitement au cloud public du fournisseur et entrer en contact avec ses clients et partenaires. Pas de financement direct en revanche de la part du groupe américain, sauf si sa stratégie l’amène un jour à les racheter, purement et simplement.

Parmi ces 5 start-ups, certaines présentent déjà une maturité affirmée avec une offre qui a séduit de très grandes entreprises. Alcméon, par exemple, a été co-fondée en 2011 par Bertrand Stephann, qui a précédemment dirigé Auféminin.com et Allociné. Livrée en 2015, sa solution permet à des groupes comme Orange, OUI.sncf, Galeries Lafayette, Disneyland ou La Poste de gérer dans une messagerie instantanée leurs interactions avec les réseaux sociaux, principalement Twitter, Facebook ou Messenger, mais aussi WeChat auquel recourent les utilisateurs chinois. « Les clients qui rencontrent un problème ou attendent un colis veulent avoir rapidement une réponse », pointe le DG d’Alcméon. Son logiciel, qui peut adresser un premier niveau de réponse, est utilisé par des community managers qui trient les flux et les redirigent vers le service client. « Notre plateforme permet de mélanger l’automatisation d’un chatbot et l’intervention humaine de façon fluide », nous a décrit Bertrand Stephann.

« Nos clients nous emmènent à l’international », nous a expliqué Bertrand Stephann, DG d’Alcméon en évoquant par ailleurs une levée de fonds en cours. (Crédit : M.G.)

Alcméon se développe en Europe et, à brève échéance, sa capacité de traitement va devoir passer d’une dizaine de milliers de messages gérés par jour à plus d’une centaine de milliers. D’où l’intérêt d’intégrer un programme comme Startup Cloud Accelerator et de pouvoir s’appuyer sur la puissance d’Oracle pour se démultiplier d’un point de vue commercial. La start-up a par ailleurs un projet de messagerie in-app BtoC pour ses clients qui pourra aussi convenir à des banques. « Nous sommes actuellement 14 et nous avons besoin de recruter », confie Bertrand Stephann.

AOS facilite le traitement des appels d’offres dans le BTP

Engagée dans le secteur du BTP, la start-up AOS vient pour sa part automatiser les tâches chronophages des réponses aux appels d’offres. Sa solution, centrée sur la partie consultation des propositions, tire profit des années d’expérience en MOA de son co-fondateur Alexandre Brochot et des « pain points » qu’il a identifiés dans ce domaine et qui entravent la mission des ingénieurs en bâtiment. Avec Thomas Cassou, co-fondateur chargé du développement, il a conçu une application – développée en JavaScript – qui permet, à partir d’une interface optimisée, de gérer les appels d’offres, d’exporter son comparatif en un clic, de contrôler les budgets et d’améliorer la collaboration sur les chantiers en relançant au bon moment. Disponible depuis un an, le logiciel d’AOS (actuellement hébergé sur le PaaS de Scalingo) a déjà été retenu par Vinci, Eiffage, Nexity, Spie Batignoles, Demathieu Bard Construction et Bouygues Construction. Oracle devrait notamment pouvoir accompagner AOS sur la partie monitoring de l’application.

Alexandre Brochot (à droite), ingénieur dans le BTP, et Thomas Cassou, à gauche, co-fondateurs d’AOS. (Crédit : M.G.)

La solution cloud d’Ermeo s’adresse de son côté à des équipes intervenant sur la maintenance opérationnelle des bâtiments et des équipements industriels et d’exploitation, dans le secteur du transport et de l’énergie, notamment. Elle transforme les documentations techniques en format dynamique en s’interfaçant à des applications industrielles afin d’aider sur le terrain les techniciens qui manquent d’informations sur les installations à réparer, « ce qui peut avoir un impact sur la qualité et la sécurité des interventions », pointe Victor Payan, co-fondateur et DG d’Ermeo. La start-up compte parmi ses clients des groupes tels qu’Engie, SNCF ou Thalès. « La société a été créée il y a 2 ans et demi, nous travaillons avec 40 grands comptes et Oracle est présent chez tous nos clients, il y a donc un énorme enjeu à s’interfacer à ses applications et à combiner nos offres », a souligné ce matin le DG.

Victor Payan, co-fondateur et DG d’Ermeo. (crédit : M.G.)

Hyperlex, la 4ème start-up intégrant l’accélérateur du siège de Colombes, intervient dans le domaine juridique où elle applique des technologies d’intelligence artificielle. « Nous avons tous observé la même chose, les entreprises investissent beaucoup dans la négociation de leurs contrats pour les ranger ensuite », a exposé Alexandre Grux, co-fondateur et DG d’Hyperlex. Les contrats ne sont pas partagés avec ceux qui pourraient en avoir besoin, un sur 10 se termine par un litige notamment parce que la date à laquelle il prend fin n’est pas connue, sans compter les divers événements juridiques qui amènent à devoir régulièrement les modifier. La solution cloud d’Hyperlex recourt à l’IA pour analyser et identifier dans les contrats les clauses importantes, les rechercher et décloisonner l’information en les partageant entre les directions financière, juridique et achats dont l’une ou l’autre utilise déjà probablement une brique Oracle. Le logiciel est encore en version bêta et le programme Startup Cloud Accelerator va permettre à la start-up de préparer son lancement commercial. Les contrats sont dans le cloud, mais avec un chiffrement des données. « Les entreprises gèrent leurs propres clés de chiffrement et peuvent gérer ces clés sur leurs propres serveurs », nous a précisé Alexandre Grux.

Alexandre Grux, co-fondateur et DG d’Hyperlex. (Crédit : M.G.)

Enfin, la 5ème start-up de la promotion, BlackSheep intervient sur le marché grand public en s’attaquant aux files d’attente. A partir de sa web app, qui affiche le menu des restaurants proposant des repas à emporter, les clients peuvent passer commande et être encaissés. « Le mentorat technique d’Oracle va nous permettre de franchir une nouvelle étape pour proposer un produit robuste sécurisé que nous pourrons vendre à de grandes chaînes de restauration » nous a notamment exposé Arnaud de Rohden, co-fondateur et DG de BlackSheep. La start-up espère aussi pouvoir profiter des synergies avec le logiciel Hospitality d’Oracle qui équipe déjà de grands parcs d’attraction en France.

Arnaud de Rohden, co-fondateur de BlackSheep, aimerait s’adosser au mentorat d’Oracle pour sécuriser sa solution de prise de commande. (crédit : M.G.)

EuroPass, app de paiement dans WeChat pour touristes chinois

Au-delà de son programme Startup Cloud Accelerator que l’éditeur américain a déployé au niveau mondial avec un soutien résidentiel (accueil des start-ups dans ses locaux), Oracle ouvre les portes de son large écosystème aux éditeurs qui ont déjà réalisé les principales étapes de leur développement. Il leur propose cette fois un programme virtuel, Oracle Scalup Ecosystem, qui va leur permettre de passer à une autre échelle sur la partie commerciale et technologique. « Nous associons la proposition commerciale de la start-up à celle d’Oracle », a exposé ce matin Nicolas de Beco, directeur senior Startup Ecosystem. Il rappelle la force de frappe de l’éditeur : 40 000 commerciaux dans le monde et 450 000 clients. Les start-ups vont potentiellement pouvoir entrer en contact avec 200 à 300 clients, se présenter lors de speed-datings ou rencontrer les décideurs de différentes directions.

Nicolas de Beco, directeur senior Startup Ecosystem, est basé à Burlington, Massachusetts. (Crédit : M.G.)

Là encore, Oracle n’investit pas directement dans les entreprises, mais il va créer un réseau de VC au niveau mondial sur lequel pourront s’appuyer les start-ups recherchant des fonds. Parmi ces VC, Dapni a créé une approche communautaire avec plus d’une centaine d’investisseurs. « Nous accompagnons des sociétés ayant vocation à aller à l’international », a expliqué ce matin son dirigeant Pierre-Yves Meerschman.

Pour son programme Scaleup, Oracle mise sur des start-ups particulièrement matures qui ont dépassé le stade du mentorship. « Nous sommes davantage sur du Serie A, notre crédibilité est en jeu dans les grands comptes », pointe Nicolas de Beco en présentant une société comme Europass dont l’application est développée à l’intérieur de la messagerie instantanée chinoise WeChat, 1er réseau social en Chine avec 890 millions d’utilisateurs. L’app permet aux touristes chinois en vacances en Europe d’acheter, à partir de WeChat, leurs billets de transport locaux (tickets de métro parisien par exemple sur un site RATP traduit en chinois) ou d’autres produits et services. Guillaume de Roquefeuil, PDG d’Europass, qui a passé 8 ans en Chine (il y a fondé le board Jobedin.com), vient d’y accompagner le Premier Ministre Edouard Philippe en voyage officiel. Egalement web agency, EuroPass se présente aux entreprises comme l’interlocuteur pour cibler les millions de touristes chinois attendus en Europe.

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