Test AMD Ryzen 2700x : La vraie bonne surprise 2018  

Une fois n’est pas coutume, nous avons passé au gril la puce haut de gamme AMD Ryzen 2700x. Et, après deux mois d’usage intensif, cette dernière n’a pas démérité.  

Haut de gamme d’AMD, si on met de côté le Threadripper, le Ryzen 2700x fait presque aussi bien que la concurrence Intel. (Crédit : AMD)

Sur un marché des puces pour PC longtemps dominé par Intel, le retour en force d’AMD a été particulièrement remarqué avec les derniers Ryzen. Il y a un peu plus d’un an, la société de Sunnyvale a brillamment rebattu les cartes avec ses Ryzen qui ont démocratisé la multiplication des cœurs dans les processeurs. Pour ce test, nous avons intensivement exploité pendant deux mois un Ryzen 2700X de 2ème génération – associé à une carte mère MSI X470 Gaming M7 AC et 16 Go de DDR4 G.Skill – , alors que la 3ème génération vient juste d’être dévoilée au CES 2019. Sans attendre les prochaines puces, AMD a déjà réussi à mettre une nette pression sur les processeurs « Coffee Lake » de 8ème génération d’Intel, qui ont augmenté leur propre nombre de noyaux pour contrer la menace Ryzen. 

Reposant sur un jeu de composants lX470 d’AMD, la carte mère MSI X470 Gaming M7 AC s’adresse aux gamers. (Crédit D.R.)

Equipé de huit cœurs (16 threads) cadencé de 3,7 à 4,3 GHz (en mode boost), le Ryzen 2700x repose sur l’architecture Zen+, et il présente comme particularité d’être gravé en 12 nm contre 14 pour les Ryzen de première génération. La microarchitecture réelle du CPU n’a pas changé d’une génération à l’autre, mais AMD indique qu’il a optimisé les circuits sous-jacents pour réduire la latence. La mémoire cache L1 affiche une réduction de 13 % et la L3 gagne 16 %, tandis que la L2 offre un gain de 34 %, ce qui est énorme. AMD dit que tout cela représente une réduction d’environ 11 % de la latence pour la RAM du système principal. En interne, les dispositions relatives aux puces sont les mêmes. Les puces avec 8 coeurs utilisent des conceptions à double CCX auxquelles s’ajoute la technologie Infinity Fabric d’AMD. Bien que ces différentes améliorations en termes de latence apportent un bénéfice en termes de performances, une grande partie des gains provient directement de fréquences d’horloge plus élevées. Le Ryzen 1800X d’origine a en effet été surclassé par le  Ryzen 2700X : de 4 à 4,3 GHz en mode boost.

Relance de la course aux fréquences  

Les vitesses d’horloge globales plus élevées ne sont pas la seule amélioration. Precision Boost 2, une déclinaison améliorée de la technologie d’origine, pousse maintenant les processeurs Ryzen de 2ème génération à des vitesses d’horloge plus élevées sur des charges plus légères qui auraient poussé les processeurs Ryzen d’origine à quitter leurs modes de boost. AMD a déclaré que le Ryzen 7 2700X fonctionnerait près de 500MHz plus vite que le Ryzen 7 1800X à charge égale en termes de threads. L’horloge « bonus » de XFR2 a également été améliorée. Le XFR original (ou Plage de Fréquences Etendues) pourrait donner à l’unité centrale une hausse de 100 MHz au-delà du maximum de Precision Boost si vous utilisez une solution de refroidissement efficace (nous avons utilisé pour nos tests – sans overclocking – un système de refroidissement liquide Be Quiet! Silent Loop 240 mm) mais seulement quand deux cœurs sont utilisés. Avec le XFR2, si la puce est suffisamment froide, le boost de 100 MHz peut être appliqué à tous les coeurs et threads, tout comme le Precision Boost 2 mis à jour…


Avec un boitier silencieux, le refroidissement liquide – ici le système Be Quiet! Silent Loop – est recommandé pour exploiter intensivement la puce Ryzen 2700x. (Crédit D.R.)

Pour comparer les résultats du Ryzen 2700x (267€ HT avec un AMD Wraith Prism), nous avons retenu une puce équivalente chez Intel, à savoir un Core i7-8700K (354 € HT sans ventilateur) avec une carte mère Gigabyte Z370 AORUS Gaming 7 (avec la même carte graphique et la même quantité de mémoire). Avec le logiciel Cinebench R15 de Maxon, nous avons obtenu en mode monothread un score de 207 pour Intel et de 179 pour AMD. Soit une différence de 14% au profit d’Intel. Mais en mode multithread, les deux cœurs supplémentaires de la puce AMD (8 contre 6 pour Intel) font la différence avec un score de 1822 contre 1413. La plupart des applications de rendu 3D sont fortement multithreadées et il n’est pas surprenant que les deux cœurs supplémentaires du Ryzen 2700x devancent les six cœurs du Core i7-8700K. La puce Intel ne démérite pas mais il lui manque ici deux cœurs pour dépasser AMD. Les résultats auraient été meilleurs avec un processeur Core i7-9700K (360€ HT sans ventilateur) doté de huit cœurs Coffee Lake.

Place aux tests  

Avec un utilitaire très courant comme Winrar, l’avance est nettement du côté d’Intel avec un traitement de 20658 kbps contre 13737 pour AMD, pour la compression de fichiers. Le concurrent 7-Zip est mieux adapté aux puces Ryzen, puisqu’il monte à 47772 pour AMD et 32520 pour Intel Le multithread est ici mieux exploité et les deux cœurs supplémentaires font la différence. Dernier test en 1080p avec un jeu plus tout récent – Far Cry 5 sorti en mars 2018 – soit à peu de choses près en même temps que ces puces. Comme peu de jeux exploitent vraiment le multithread, c’est encore Intel qui tire son épingle du jeu avec 115 images par seconde contre 106 pour AMD. Mais à cette résolution très courante, la différente n’est pas notable.

Avec ce test, l’idée n’était pas de faire mieux que la presse spécialisée qui décortique bien mieux les caractéristiques techniques des derniers processeurs mais de refaire le match entre le leader du marché Intel et le challenger AMD. Notre dernier face à face remonte à très loin et à l’époque il était question de puce AMD FX-8140 d’un côté et de Core i7-3610 de l’autre (Digital World). Et à l’époque, AMD n’arrivait plus à suivre la cadence imposée par Intel. Mais aujourd’hui, AMD a rattrapé son retard sur le marché des puces PC avec une feuille de route solide et très intéressante. Et la firme de Sunnyvale se risque même à espérer de nouveau sur celui des serveurs avec ses puces Epyc. Notamment avec ses capacités en termes de lignes PCI. Mais, il s’agit ici d’une tout autre histoire… 

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