Yvelines : le très haut débit accessible à tous avant 2020

C’est l’opérateur TDF qui a remporté l’Appel à manifestation d’engagement d’investissement (AMEI) pour fibrer tout le département des Yvelines avant 2020. Les premiers travaux ont commencé, 35 000 foyers devraient être raccordés d’ici la fin de l’année.

Le déploiement de la fibre optique dans les Yvelines est pris en charge en totalité par l’opérateur TDF, qui devra réaliser les installations avant la fin 2020. (Crédit : Conseil départemental des Yvelines)

Mi-mars, la commune des Alluets-le-Roi, située quelques kilomètres à l’ouest de Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines, a pu accéder à une montée en débit (MED) grâce à un raccordement opéré par Orange ayant remporté l’Appel à manifestation d’intention d’investissement (AMII) dans cette zone. Cette MED s’inscrit dans le schéma directeur territorial d’aménagement numérique des Yvelines.  Celui-ci indique que le déploiement de la fibre dans les 158 communes rurales du département (soit 110 000 foyers et entreprises) situées en zone d’initiative publique doit être réalisé avant fin 2020.  

Suite à l’AMEI du Département et du syndicat Yvelines Numérique, c’est l’opérateur TDF qui a obtenu le chantier fin 2017. L’accord stipule que c’est la société qui prend en charge l’investissement en totalité, soit 120 millions d’euros. Et ce type d’appel à investissement oblige TDF à respecter le calendrier ainsi qu’installer le nombre de prises FTTH qu’il s’est engagé à mettre en place. Sinon « le Département et le syndicat Yvelines Numérique seraient en situation d’appliquer des pénalités. Ce que personne ne souhaite évidemment », indique Laurent Rochette, directeur des opérations d’Yvelines Numérique. On peut rappeler des précédents comme THD92 dans les Hauts de Seine et son ancien prestataire Sequalum (une filiale spécialement créée pour l’occasion par le groupe Numericable-SFR) qui a écopé d’une amende 96,7 millions d’euros en 2017.

Rachat des infrastructures départementales 

C’est précisément la filiale de l’opérateur Yvelines Fibre qui prend en charge l’installation dans tout le département. Ce dernier confirme que les infrastructures qu’il avait précédemment déployées ont été rachetées par TDF. Notamment le réseau Yvelines entreprises numériques, exploité et commercialisé jusqu’ici par Covage. Ce dernier proposait des offres internet avec des niveaux de débits pouvant aller jusqu’à 1 000 Mbits/s à des prix cinq à dix fois moins cher qu’auparavant. Des services associés à ces offres devaient être proposés (cloud computing, garantie de taux de rétablissement, sécurisation de l’accès internet, etc.). Contacté par Le Monde informatique, TDF n’a pas encore confirmé que ces services seront maintenus suite au rachat des infrastructures. 

Répartition des entreprises (à gauche) et des zones d’activités économiques (à droite) dans les Yvelines en 2014. En 2016, l’Insee référençait près de 90 000 entreprises dans ce département. (Crédit : Conseil départemental des Yvelines)

Depuis 2011, l’Etat a délimité deux zones par département pour déployer le très haut débit en France. La première, dite « AMII », représente 590 000 foyers dans 104 communes des Yvelines, a été confiée et réservée aux opérateurs privés ayant candidatés. La seconde, dite « d’initiative publique », a été placée sous la responsabilité des conseils départementaux. Elle comprend 110 000 foyers dans 158 communes yvelinoises. 

« Orange ne s’est pas comporté correctement » 

Sauf qu’Orange, qui avait manifesté son intérêt pour le chantier via l’Arcep sans déposer de dossier en 2016, a engagé sa propre campagne directement auprès de certaines mairies dans la zone « d’initiative publique » des Yvelines. « Ils ont été voir beaucoup de communes avec le discours « Nous la fibre, on vous la met tout de suite en signant un papier », mais on ne contractualisait pas », a expliqué le maire de Mézières-sur-Seine, Jean-François Fastré (DVD), à nos confrères de La Gazette. 

Ainsi une dizaine de communes auraient accepté les avances d’Orange, dont Beynes, Chavenay, Feucherolles et Villiers-Saint-Frédéric. Saint-Germain-de-la-Grange envisage un raccordement avec cet opérateur également. Ce que le Département ne cautionne pas du tout. Pour son président, Pierre Bédier, « Orange ne s’est pas comporté correctement » et une concurrence avec TDF risquerait de compromettre le projet.

Depuis 2017, TDF a en effet diversifié son activité en proposant le déploiement de la fibre optique. Et a déjà remporté quatre chantiers dans les départements des Yvelines, du Val d’Oise, du Val de Loire et en Anjou. De quoi inquiéter le géant des telecoms français ?

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