Laval Virtual : Quand la VR et l’AR deviennent nomade

Si les utilisations des réalités virtuelle augmentée et se démocratisent de plus en plus, ces technologies peuvent s’avérer difficile à transporter d’un endroit à un autre. C’est pourquoi certaines entreprises du secteur font en sorte de miniaturiser et rendre le matériel transportable.

Des entreprises développent des solutions permettant de miniaturiser le hardware utilisé pour la VR et l’AR et de le rendre transportable et simple d’installation. Ici, Dell EMC s’est associé à VR Solutions pour développer un logiciel d’AR pour ses commerciaux. (Crédit : Nicolas Certes)

En direct de Laval. En 2017, les ventes de casques de réalité virtuelle et augmentée ont fortement ralenti selon IDC. Mais le cabinet d’études parie sur une croissance de 48,5% en 2018, à 12,4 millions d’unités vendues. Parallèlement, Digi-Capital publie un rapport indiquant que les start-up dans l’AR/VR ont levé plus de 3,6 milliards de dollars au cours des 12 derniers mois jusqu’à la fin du 1er trimestre 2018. Le monde des réalités virtuelles et augmentées continue de se démocratiser que ce soit auprès du grand public ou des entreprises.

Mais bien que de plus en plus abordable, le matériel reste considéré comme difficile à mettre en place et à transporter. C’est pourquoi des entreprises développent des solutions permettant de miniaturiser le hardware et de le rendre transportable et simple d’installation. Ceci pour continuer de démocratiser les usages et montrer qu’utiliser la VR, c’est facile en réalité. Voici deux entreprises présentes au salon Laval Virtual qui veulent rendre les AR/VR plus nomades.

InoVR : la VR dans une valise

Pouvoir proposer des immersions VR en seulement deux minutes d’installation et sans l’aide d’un spécialiste. C’est ce que propose depuis un an tout pile l’équipe d’InoVR. Cette petite équipe de cinq personnes a créé une valise qui contient tout le matériel nécessaire à l’utilisation de la VR. L’ordinateur, une carte graphique 1070 et le système de refroidissement sont directement intégré dans une valise pelicase étanche. Le câblage des capteurs et du casque ainsi que la préparation de l’ordinateur, l’intégration des applications sont réalisés par la société. Le tout est maintenu par de la mousse très dense, découpée sur mesure.

La valise pèse 10 kg et a été pensée pour être transportée en avion. Pour le moment, InoVR propose deux produits selon la marque du casque utilisé, à l’achat ou à la location. La mallette équipée d’un Oculus Rift coûte 3 990 € HT (700€ par mois). Celle possédant un HTC Vice, qui possède des capteurs différents, est à 4 990€ ou 880 par mois. Des forfaits à la semaine et à la journée sont possibles. Guillaume Rousset, responsable des affaires d’InoVR, précise que l’équipe travaille aussi à l’intégration de casques sans capteurs qui arrivent sur le marché (comme le Samsung Odyssey) pour gagner de la place dans leur valise. Il est aussi possible d’adapter le produit à n’importe quel casque selon la demande des clients.

La malette d’InoVR équipée d’un Oculus Rift coûte 3990 € HT et 700 € à la location mensuelle. (Crédit : Nicolas Certes)

« Nous avons choisi de faire cela pour des formateurs, des agents immobiliers, des développeurs qui veulent proposer leurs démos, etc. » indique Guillaume Rousset. « Ils arrivent et en moins de deux minutes ils peuvent commencer l’expérience. » En tout ce sont une trentaine de clients qui ont déjà essayé d’utiliser la valise. « Pour l’événementiel, l’idée c’est que les gens n’aient pas besoin d’un animateur VR spécialisé. Parce que c’est ça qui coûte cher. » L’équipe d’InoVR a commencé à utiliser la réalité virtuelle dans les Ehpad. Ils avaient du mal à transporter tout le matériel et les équipes soignantes leur disait que ce serait impossible à utiliser de cette manière. Depuis, un Ehpad a fait l’acquisition d’une mallette d’InoVR.

La start-up travaille aujourd’hui sur des projets de captation des émotions en VR, et voudrait intégrer ce genre de capteurs à sa valise. Des premiers tests ont été réalisés en partenariat avec l’université Lyon 1. Un algorithme a été créé pour développer un premier software. Le but étant de sortir un PoC pour une prochaine levée de fonds.

Dell : l’AR pour faire de la présentation produit

Côté réalité augmentée, Dell propose à ses commerciaux depuis janvier dernier un logiciel permettant de visualiser ses produits (unités centrales, etc.) en AR. « Au lieu d’emmener la machine avec eux, ils prennent une tablette et un jeu de cartes correspondantes à un produit » explique Julien Attali qui gère le pôle Workstation de Dell. La carte est placée sur une table ou n’importe où et grâce au soft sur la tablette la machine va apparaître à l’échelle 1:1 sur la tablette. Il est même possible de regarder à l’intérieur de la machine pour regarder ses composants.

Ici la carte qui permet de faire apparaître la machine sur la tablette est numérisée mais les commerciaux utilisent de vraies cartes qui peuvent être flashées pour faire apparaître un produit Dell. (Crédit : Nicolas Certes)

Ce n’est pas Dell qui développe les applications AR et VR qu’elle utilise. Elle travaille en partenariat avec une start-up créée il y a un an et demi, VR Solutions. Regroupant cinq personnes, dont des développeurs issus du jeu vidéo, cette société s’est d’abord axé sur des projets liés au secteur de l’immobilier. Elle développe notamment des configurateurs d’appartements qui permettent aux utilisateurs d’aménager leur futur logement à leur guise. Mais cette start-up, co-fondée par David Attali et Alexis Brunet, élargit désormais son champ d’action. Elle collabore avec Dell mais aussi Amazon ou Clear Channel.

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