Le machine learning entre en force chez Box

Pour aider ses clients à mieux exploiter les données stockées sur sa plateforme, Box fait appel aux ressources cognitives et d’apprentissage machine d’IBM Watson, de Microsoft Azure et de Google Cloud Platform avec Box Skills.

La fonctionnalité de reconnaissance d’image utilise l’apprentissage machine pour traiter plus rapidement les documents. (crédit : D.R.)

En direct de San Francisco – « La quantité de données stockée par nos clients double tous les ans et nos clients migrent aujourd’hui des téraoctets dans le cloud », se félicite Jeetu Patel, chef product officer de Box, que nous avons rencontré à San Francisco à l’occasion de Boxworks, la traditionnelle convention du fournisseur. Avec 76 000 clients dans le monde et une présence qui s’accroit en Europe depuis l’ouverture de Box Zones (à Dublin, Londres et Francfort) – de nombreux prospects Européens étaient présent à SF pour étudier la solution – Box confirme son positionnement de cloud content manager. Confronté à la transformation digitale qui s’opére dans les entreprises, la firme compte également mieux accompagner ses clients dans la gestion de leurs données avec son framework Skills qui apporte des capacités de machine learning.

Au lieu de consacrer de précieuses ressources au développement de ses propres algorithmes, la société a décidé de s’appuyer sur les compétences d’IBM Watson, de Microsoft Azure Cognitive et de Google Cloud Platform – trois partenaires de la firme de Redwood City – pour fournir à ses clients des outils capables d’analyser des vidéos, de reconnaître des objets dans des images ou de distinguer les sentiments dans une conversation audio.« Des millions de dollars ont été dépensés en recherche par ces compagnies pour l’IA et le machine learning » a relevé Jeetu Patel lors de la keynote. Stockés sur la plateforme Box, tous ces documents non structurés sont analysés et taguées avec des métadata – stockés dans une base NoSQL – en faisant appel aux API des différents fournisseurs. Une requête est envoyée et analysée via l’API du fournisseur qui transmet ensuite une réponse JSON objet à Box Skills.

Les 3 premières Box Skills présentées par Ben Kus durant la keynote à Boxworks.(Crédit D.R.)

Des spécialités chez les 3 fournisseurs cloud

Trois premières Box Skills sont proposées aux entreprises : Audio Intelligence, Video Intelligence et Image Intelligence. Une fonctionnalité associant la transcription audio et l’analyse de sentiment avec IBM Watson permet par exemple de traiter les enregistrements d’un service client, afin de faire automatiquement ressortir les problèmes prioritaires ou identifier les noms de produits générant des réactions positives ou négatives chez les clients, indique un communiqué de Box. Chez Microsoft Azure Cognitive, c’est l’analyse vidéo qui peut être mise à profit afin de générer une transcription, détecter et indexer les sujets, leurs comportements (sourires, grimaces…) et même effectuer une reconnaissance faciale pour repérer des visages récurrents. Tout aussi bluffante, la capacité de reconnaître un objet dans une image comme une basket de marque, une raquette ou du texte grâce à l’OCR repose sur Google Cloud Platform et permet de classer un grand nombre de document (publicité ou support commercial) pour une étude marketing.

Les différents éléments de ce document commercial sont analysés par les algorithmes de machine learning de Google Cloud Plaform. 

Il est même possible d’associer les Skills en les chainant pour, par exemple, traduire un document, détecter une adresse dans ce même document et même trouver une signature pour identifier un contrat, nous a expliqué Jeetu Patel. Si les combinaisons sont aujourd’hui limitées, l’arrivée simultanée de Box Skills Kit permet aux développeurs de créer de nouveaux skills, des fonctionnalités adaptées aux besoins métiers de leur entreprise. L’intégration à la plateforme de marché de Box, qui regroupe maintenant plus de 1 200 connecteurs, n’est d’ailleurs pas exclue. Développée par Ephesoft, une fonctionnalité détecte ainsi les informations contenues dans un formulaire ou un document, tel qu’un contrat, et les extraire pour les présenter sous la forme d’une fiche personnalisée de métadonnées dans Box afin d’automatiser un processus, tel que l’accueil des nouveaux employés ou une demande de prêt, explique Box. Une passerelle vers Salesforce Einstein n’est également pas écartée.

Le chainon manquant pour accompagner les entreprises

L’arrivée de Box Skills vient donc renforcer le positionnement du fournisseur qui est aujourd’hui confronté à une concurrence accrue de la part des acteurs traditionnels – c’est à dire on premise – comme Documentum, Alfresco, OpenText ou encore Autonomy (aujourd’hui chez MicroFocus) pour la partie analyse des documents non structurés. La tentation du cloud est devenue une nécessité dans les entreprises pour gagner en agilité et en efficacité « Les entreprises demandent aujourd’hui plus de nouveaux services pour être plus réactif », nous a expliqué Jeremy Grinbaum, vice-président Europe du Sud chez Box.

« Le data management, c’est aussi collaborer et communiquer ; cela ne se limite pas seulement au stockage des données », ajoute le dirigeant français. Box Skills a commencé à être testé chez des clients nord-américains mais pas encore en Europe. La plateforme sera d’ailleurs disponible début 2018 à un tarif qui reste à préciser puisqu’une partie de la facture rémunérera un ou plusieurs partenaires fournissant le service de machine learning. Mais les clients n’auront affaire qu’à un seul guichet – celui de Box – pour simplifier la facturation finale. En France, un acteur comme Sinequa a déjà commencé à regarder Box Skills pour proposer ses outils cognitifs et de machine learning aux entreprises utilisant la plateforme de stockage et partage de données. 

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